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Parrainage, mobilisations : Tandem fait sa rentrée (Rennes)

Créée en 2014, l’association rennaise Tandem un parrain pour l’emploi lutte à sa manière contre le chômage et la précarité. Elle a la particularité de s’être construite autour de la problématique des personnes récemment diplômées et en difficulté dans leur recherche d’emploi. Petit à petit, et dans la continuité de son engagement auprès du MNCP, elle s’est ouverte à d’autres publics et effectue aujourd’hui un accueil inconditionnel sans mettre de côté son combat originel. Maïwenn, animatrice de l’association, nous présente les actions à venir.

MaÎwenn Madec , animatrice de Tandem à Rennes, dans les locaux de l’association.

C’est la sixième rentrée de Tandem, qu’avez-vous prévu pour les mois à venir ?

Nous allons poursuivre les actions traditionnelles de l’association. Nous continuons l’action de parrainage qui est l’action fondatrice de Tandem. On accompagne des personnes à partir de bac+2 qui sont alors parrainées par des personnes actives dans leur secteur de recherche. C’est sur une durée de six mois. L’idée c’est de les aider à trouver un emploi dans le domaine qui leur convient selon les formations qui sont les leurs.

Au-delà de cette action sur l’accès à l’emploi on organise régulièrement des temps collectifs dans l’année. Ils sont en général ouverts à tout le monde et centrés autour de la recherche d’emploi ou de la dimension développement personnel, confiance en soi.

Nous organisons également des temps de réflexion et de débat sur l’emploi et le chômage. Par exemple une soirée débat sur le salaire à vie ou encore sur les conditions de travail dans les grandes entreprises. Et enfin, nous menons des actions de défense des droits. On accueille et on accompagne environ 80 personnes par an pour les soutenir dans les démarches auprès des différentes structures comme le font les autres associations du MNCP.

Comment réagit l’association au projet de réforme d’assurance chômage qui est annoncé ?

On réfléchit à une action à mener localement au-delà de la participation à l’action nationale du MNPC. On va essayer de mobiliser des structures. Notamment avec des collectifs et différents syndicats. C’est en réflexion et cela doit être co-construit avec différentes associations sur Rennes.

C’est très nébuleux et très compliqué à comprendre. Au-delà de ça, c’est une moins bonne indemnisation et une indemnisation pour moins de personnes.

Quelles vont être les conséquences de cette réforme sur les personnes que vous accueillez ?

Dans un premier temps, ce qui est compliqué, c’est que ça complexifie tout le temps l’accès à l’information puisque ça change tout le temps. Les gens se retrouvent souvent dans des situations difficiles parce qu’ils n’ont pas les bonnes informations. C’est très nébuleux et très compliqué à comprendre. Au-delà de ça, c’est une moins bonne indemnisation et une indemnisation pour moins de personnes. Donc plus de personnes dans des situations de précarité et plus de personnes qui acceptent des emplois précaires et non adaptés à leur situation. Cela génère une insertion à l’emploi beaucoup moins durable et beaucoup moins épanouissante que s’ils étaient accompagnés vers un emploi qui leur convient.

Concrètement, comment accompagnez-vous les personnes qui se retrouvent en difficulté face à une institution ?

Dans un premier temps c’est plutôt de l’information, de l’écoute, de l’accueil, du soutien psychologique parce que c’est souvent des personnes qui ont été rejetées par pas mal d’institutions. Nous faisons également de l’accompagnement à la rédaction de courriers, parfois de la médiation avec les structures concernées et parfois nous accompagnons les personnes à des commissions RSA ou autres. Nous pouvons aussi porter des situations au sein des comités de liaison de Pôle emploi pour tenter de les résoudre.

Que peut-on vous souhaitez pour la rentrée à venir ?

Plus de mobilisation. Peut-être un rassemblement d’organisations qui travaillent sur le sujet. Notamment relativement à la réforme de l’assurance chômage. Que localement, ça puisse se regrouper. J’y pense parce qu’en ce moment il y a des actions qui sont menées pour l’hébergement des personnes migrantes et il y a une inter-orga sur le sujet avec une dizaine de structures qui se mobilisent. Sur le sujet chômage et précarité, localement il y a très peu de mobilisation, ou alors c’est très épars et les gens se démobilisent. C’est pourtant un sujet qui va impacter beaucoup de monde.