Le Département du Finistère s’est récemment félicité d’une baisse de 25 % du nombre d’allocataires du RSA depuis 2022, passant de 18 000 à 13 500 personnes. Une réussite ? Pas si sûr. Derrière ces chiffres, le Comités des Chômeurs et Solidaires de Morlaix (MNCP29) dénonce une politique d’insertion punitive, des emplois précaires, et une vision comptable de la solidarité qui sacrifie la dignité des personnes.
Des chiffres en trompe-l’œil
Le Département du Finistère met en avant une baisse du nombre d’allocataires du RSA, présentée comme le fruit d’un « plan RSA efficace ». Pourtant, cette diminution ne reflète pas une amélioration réelle de la situation des personnes concernées. Comme le souligne le MNCP29 dans son communiqué du 10 décembre 2025, la qualité et la durabilité des emplois proposés sont rarement évoquées.
- Des contrats courts et précaires : Le MNCP rappelle que les statistiques de retour à l’emploi comptabilisent des contrats de quelques heures par semaine, des missions d’intérim, ou des CDD très courts. Autant de situations qui ne garantissent ni stabilité financière, ni sécurité économique.
- Des emplois mal payés : Beaucoup de bénéficiaires du RSA se retrouvent dans des emplois sous-payés, parfois même en dessous du seuil de pauvreté, sans perspective d’évolution.
- Des radiations abusives : Le MNCP interroge : que deviennent les personnes radiées ? Dans quelles conditions ? Combien d’entre elles basculent dans une précarité encore plus grande ?
Une politique d’insertion punitive
Le Département vante un accompagnement « personnalisé », mais le Comité de Chômeurs de Morlaix dénonce une logique de pression et de sanctions. L’intensification des contrôles, la menace de suspension ou de radiation, et le coaching mal calibré poussent les allocataires à accepter des emplois précaires, simplement pour éviter une sanction.
- Un accompagnement sous pression : Le MNCP insiste sur le fait que l’accompagnement ne doit pas se limiter à « activer » ou contrôler, mais doit offrir un vrai salaire, une protection sociale, et des perspectives d’évolution.
- Des solutions précaires : Le Département propose des emplois en CDD courts, des missions d’intérim, ou des immersions en entreprise déguisées en débouchés. Est-ce vraiment une réussite que de pousser des personnes vers des emplois instables ?
Le communiqué du MNCP 29

Le MNCP propose une autre voie
Face à cette vision comptable de la solidarité, le MNCP défend une approche radicalement différente :
- Des emplois durables et dignes : En CDI, avec une rémunération équitable et des perspectives d’évolution.
- Un accompagnement respectueux : Qui ne se limite pas à une mise sous pression, mais qui offre un soutien personnalisé et bienveillant, notamment pour les personnes les plus fragiles.
- Une sécurité économique réelle : Pas seulement un emploi à tout prix, mais un emploi qui permet de vivre décemment.
La réussite sociale ne se mesure pas en chiffres
Le MNCP refuse cette vision punitive et comptable de l’insertion. La réussite ne se mesure pas au nombre de radiations ou d’emplois précaires créés, mais à la capacité à offrir à chacun un emploi digne, stable, et une véritable sécurité économique. Nous appelons le Département du Finistère à revoir sa copie et à mettre en place des politiques sociales qui placent la dignité et la stabilité au cœur de leurs priorités.
One Comment
A moins de ne considérer que les statistiques, c’est à dire de réduire des personnes à des chiffres et avant de se rejouir d’une baisse significative du nombre d’allocataires du RSA, encore faut il argumenter sur ce que sont devenues ces 4500 personnes. Quel type d’emploi – si tel est bien le cas – ont trouvé les personnes concernées ? Des emplois stables et bien rémunéré?
Le Président du département Finistère s’est il assuré qu’il y avait bien matière à se réjouir?