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Nos associations dénoncent les conditions de traitement des chômeurs et précaires (Haut-Rhin)

Le 2 juillet dernier se tenait le comité de liaison du Haut-Rhin. Pour cette occasion et devant la direction départementale de Pôle emploi, les associations locales du MNCP ont souhaité ouvrir les échanges par une déclaration pour dénoncer le traitement infligé aux chômeurs et précaires et l’aggravation de leur situation.

Les Groupes de Chômeurs et Précaires de Mulhouse de Colmar et de Thann, membres du MNCP, (Mouvement National des Chômeurs et Précaires )

Dénoncent avec la plus grande force les mesures prises par le gouvernement à l’encontre des chômeurs et précaires de ce pays, obligeant de ce fait Pôle Emploi à remplir un rôle qui n’est pas le sien, et qui traite les personnes privées d’emploi ou en grande précarité comme des délinquant(e)s potentiel(le)s, au lieu de les aider soit à trouver un emploi décent, durable et convenablement rémunéré, soit à percevoir un revenu de remplacement comme le prévoit la Constitution de ce pays, en conformité avec la Déclaration Universelle des Droits  Humains.

Après plus de trente ans d’une politique de compétition féroce uniquement basée sur la recherche du profit sans se soucier de répartir équitablement les richesses ainsi créées par le travail de celles et ceux qui ont encore un emploi,  on ne peut pas décemment continuer à accentuer la pression sur les catégories les plus exposées de la population, en les enjoignant de « changer de comportement », c’est à dire accepter n’importe quoi sous peine d’être privé(e)s du moindre moyen d’existence, sans jamais remettre en cause les choix économiques désastreux qui ont conduit à cette situation d’un autre âge.

Cette injonction moralisatrice et uniquement adressée aux plus fragiles d’entre nous, montre qu’une limite a été franchie : celle du respect des droits fondamentaux dû à tout citoyen, quelle que soit sa situation économique,  sociale ou administrative, en l’absence de tout crime ou délit de sa part.

A ce stade de décomposition de la protection sociale issue du Programme de la Résistance, le rôle d’une association de chômeurs et précaires change de nature, et pose la question de  sa complaisance à l’égard des institutions chargées d’appliquer des mesures aussi iniques.

C’est dans cet esprit que nous participons à ce Comité de Liaison, avec la conscience aigüe des limites qui sont les nôtres et de l’impuissance grandissante qui nous empêche de protéger efficacement celles et ceux qui font appel à nous, mais nous serons d’autant plus déterminé(e)s à nous battre contre cette maltraitance institutionnelle.

Nous demandons que cette déclaration préalable soit jointe au compte-rendu de ce Comité de Liaison, et portée à la connaissance de Monsieur Jean Bassère, Directeur Général de Pôle Emploi.

De notre côté, nous en informerons nos délégué(e)s siégeant au Comité National de Liaison, ainsi que le Médiateur dont le rapport 2018 rejoint certaines de nos préoccupations.