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[ LETTRE ] Mesures d’urgence indispensables pour empêcher une catastrophe sanitaire et sociale

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Avec d’autres associations, syndicats et collectifs, nous avons envoyé ce jour cette lettre au Président de la République, au Premier Ministre, à la Ministre du Travail et au Directeur de Pôle emploi.

 

Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier Ministre,
Madame la Ministre du Travail,

 

Copie : Monsieur le Directeur de Pôle Emploi

Objet : Mesures d’urgence indispensables pour empêcher une catastrophe sanitaire et sociale

 

Nous vous adressons un appel solennel pour apporter dans les meilleurs délais une réponse à l’urgence sociale due à la crise sanitaire et économique actuelle, qui se traduit par une explosion du chômage et de la précarité et risque de se transformer en catastrophe sociale.

D’ores et déjà le nombre d’inscrit-e-s à Pôle emploi a bondi de 7% en mars. Or, si 12 millions de salarié-e-s ont été couvert-e-s par le chômage partiel – payé pour partie par l’UNEDIC –, des milliers de contractuel-les à durée déterminée ou en CDD d’usage, de vacataires, d’intérimaires, d’intermittent.es de l’emploi ont vu leurs missions arrêtées ou non renouvelées et ne les verront pas reconduire. Des secteurs entiers de l’économie – hôtellerie, restauration, culture, tourisme, sports… – sont déjà à l’arrêt sans savoir dans quel délai et quelles proportions ils pourront reprendre leur activité.

Ces travailleur-euses précaires qui ne vivent ordinairement que de leur travail, n’ont pas bénéficié de mesures de protection exceptionnelles pendant le confinement et n’ont survécu que grâce à la solidarité alimentaire organisée par les citoyen-ne-s et les mairies.

Les mesures prises par le gouvernement face à cette urgence sociale sans précédent sont totalement insuffisantes : seuls les allocataires de l’ARE et de l’ASS verront leurs droits prolongés mais seulement jusqu’au 31 mai… S’il a été annoncé aux intermittent-e-s du spectacle une « année blanche » (pour laquelle nous attendons avec vigilance les décrets d’application), rien n’est prévu pour les autres catégories de chômeurs, chômeuses et de précaires dont des milliers ne parviennent plus ni à se nourrir, ni à payer leur loyer et leurs charges.

La situation des chômeurs, chômeuses et précaires était déjà très grave avant cette crise sanitaire : sur plus de 6,5 millions de sans emploi ou en emploi intermittent, seuls 3 millions étaient indemnisés par l’assurance-chômage, soit 46% des inscrits à Pôle emploi. La réforme de l’assurance-chômage, par son décret du 29 décembre 2018 aggravant les sanctions et celui du 26 juillet 2019 dont le premier volet au 1er novembre a allongé la durée d’affiliation nécessaire pour l’ouverture de droits et leur rechargement, avait déjà exclu de l’indemnisation plus d’un demi-million de chômeurs, chômeuses et précaires. Le second volet de ce décret, dont l’application prévue au 1er avril a été reportée au 1er septembre, va diminuer ou supprimer les allocations d’au moins un autre demi-million de chômeurs, chômeuses et précaires, et touchera particulièrement ceux et celles qui alternent contrats courts et chômage.

L’allongement de la durée du travail autorisée sous état d’urgence sanitaire ainsi que les congés imposés pendant le chômage partiel ne font qu’aggraver les choses. Avec des vagues de licenciements à redouter, des prévisions font état d’un million de chômeurs et chômeuses supplémentaires d’ici fin 2020. C’est bien une véritable catastrophe sociale que nous vivons, et qui n’en est qu’à ses débuts.

Aussi nous vous demandons solennellement :

  • la prolongation sur un an – soit une année blanche – de l’ensemble des droits des chômeurs, chômeuses et précaires inscrit-e-s à Pôle emploi
  • l’ouverture de droits à une indemnisation leur permettant de vivre à l’ensemble des personnes en emploi discontinu ou sans emploi et qui ne pourront pas en retrouver durant cette période
  • qu’aucune radiation ne puisse sanctionner une femme ou un homme déjà sans emploi en cette période de difficultés accrues, et la suspension du contrôle de la recherche d’emploi
  • d’assurer cette indemnisation dans des conditions de sécurité sanitaire pour les demandeurs/ses d’emploi comme pour les agent-e-s de Pôle emploi.
  • l’abrogation définitive de la réforme de l’assurance-chômage à savoir les décrets du 29 décembre 2018 et du 26 juillet 2019
  • la création immédiate d’un Fonds exceptionnel d’indemnisation, prenant en charge  le financement du chômage partiel par l’UNEDIC, et alimenté par une augmentation des cotisations sociales des employeurs et la taxation des hauts revenus ainsi que des profits et dividendes des entreprises. Nous rappelons que, au delà de cette situation exceptionnelle, les caisses de l’UNEDIC doivent être justement réalimentées par : la suppression des exonérations de cotisations sociales et une augmentation des salaires, notamment au travers d’une réelle égalité salariale hommes/femmes
  • le retour à un véritable service public de l’emploi, le renforcement de ses missions d’accompagnement, de formation et d’indemnisation, avec les moyens pour pouvoir le faire et la création des postes d’agent-e-s nécessaires.

Associations de chômeur-se-s et précaires, syndicats de Pôle emploi, syndicats et collectifs conscients de l’importance des droits au chômage indemnisé et au service public de l’emploi, nous agissons collectivement, depuis des années, pour les droits et l’amélioration des conditions de vie des chômeurs, chômeuses et précaires. Nous mesurons la catastrophe qui est en train d’arriver. Il est indispensable que vous l’entendiez et preniez ces mesures d’urgence.

 

                                                                                                          Le 19 Mai 2020

 

Les signataires :

AC ! Agir ensemble contre le Chômage et la Précarité
APEIS Association pour l’Emploi, l’Information et la Solidarité
CGT Pôle emploi IDF
CNTPEP CGT Collectif National des Travailleurs Privés d’Emploi et Précaires
MNCP Mouvement National des Chômeurs et Précaires
SNU Pôle emploi FSU
Solidaires SUD Emploi

et

CLAQ – Comité de Libération et d’Autonomie Queer
CPHRE – Collectif des Précaires Hôtellerie Restauration Événementiel
DAL – Droit Au Logement
Femmes contre les précarités, le chômage et les discriminations
Gilets Jaunes Intermittent.es Chômeur.es Précaires
Stop Précarité
SUD Culture et Médias Solidaires
Union Syndicale Solidaires

6 réponses

  1. le pole emploi n’hésite pas à laisser tomber les jeunes qui se retrouvent sans aucun droit, sans aucune indemnité, sans interlocuteur responsable. certains conseillers ne sont pas au top et se moquent éperduement de la situation des jeunes. le pole emploi fermé, le dossier n’est pas traité mais par mail mais avec obligation de dépôt de courrier dans la boite au lettre de l’agence. C’est honteux. quand c’est le parent qui veut intervenir car avec plus d’expérience, on ne veut pas l’écouter. C’est une honte !!!!! une jeune fille de 20 ans n’a plus rien depuis le mois de février (et je ne pense pas que ce soit la seule). contrainte de demander à ses parents de subvenir à ses besoins pendant le confinement et même après

  2. Bravo pour ce courrier. Cependant je trouve que les chômeurs qui étaient au chômage quelques semaines ou quelques mois avant la pandémie, notamment les 55 ans et plus ont été largeur oublié.
    En effets, entre les annonces auxquels ils ont répondus et qui sont annulés suites à la crise, les formations annulés et c… Nous aussi nous avons perdu deux mois de possibilité de formation ou de trouver un travail.
    Nous aussi avec l’augmentation des chômeurs nous pâtissons de la crise..
    Sans compter les sociétés qui sont en train de fermer et qui du coup ne nous permettrons d’avoir des opportunités.
    Les places seront chères….
    Personnellement je devais avoir deux entretiens… annulés car société fermée.
    J’ai relancé il y a deux jours.. réponses embauche supprimée et avant 6 voire 10 mois il n’y aura pas de recrutement dans mon domaine sur ces deux sociétés, car m’a t’on expliqué…il faut voir si nous allons redémarrer et dans quelle condition….
    Nous sommes les oubliés de cette crise…et lorsque la loi sanitaire d’urgence sera abolie…nous nous aurons perdu deux mois voire plus..car nos indemnisations ne seront pas prolongées 🤔😭

  3. Je rejoins complètement aux demandes faites par ce comité, effectivement et actuellement aucun moyen n’est donné aux demandeurs d’emploi, vu que les services de Pôle emploi sont fermés.
    De plus les demandeurs d’emploi n’ont pas pu faire des recherches actives au vue du confinement durant 3 mois et encore à ce jour, donc pour ma part, je pense que le gouvernement pourrais faire un effort d’au moins 6 mois de prolongement des droits à tous les demandeurs d’emploi indemnisés quel que soit le statut.

  4. Super il faut continuer,il faut y arriver,on galere,galere dans des cdd de 2 jours et on a pas de droits securite sociale-retraite si on pas 150 heures de travail par trimestre .Si on a pas de voiture,on a pas de missions,il faut que la marchandise soit livree dans les supermarchés.Il faut qu’on nous paie un portable dernier cri aussi car si on en a pas,on a pas de travail.Je suis animatrice commerciale depuis 8 ans.J’ai 59 ans.J’ai vu des commentaires honteux dans la depeche du midi:on a qu’ a se recycler,on est des fainéants etc…ca suffit,Qu’ils le fassent ces gens-la ce travail durant des annees debout toute la journee,apprendre des briefings,porter des tenues différentes,etre appele 2 heures avant pour cavaler a 2 heures de routes,avoir des horaires decales.Oh!Ca suffit.Il faut revenir sur la reforme du chomage:4 mois,c’est simple.

  5. Bonjour,
    Arrivant en fin de droits fin mai, je multiplie les entretiens mais les process sont longs et je vais me retrouver au RSA.
    Avant le confinement, j’avais un accord oral, et finalement le poste ne s’est pas créé. Je suis désemparé, j’ai des idées suicidaires.
    Pendant le confinement, des gestes ont été faits pour les chômeurs arrivant en fin de droit durant la période d’urgence sanitaire (jusqu’au 30 mai). Mais rien pour les autres. J’ai perdu deux mois dans ma recherche et un travail qui était trouvé.
    Le gouvernement ne doit pas nous léser et nous prolonger les droits à minima de la période de confinement, mois perdus dans la recherche. Aucun mot, aucun mot sur les personnes en recherche et dont la fin de droit arrive en juin, juillet août ou septembre. Ce sont deux mois importants en moins. Et en sus, la crise annoncée n’annonce rien de positif.
    Merci pour votre initiative, car nous sommes sans voix face à cette situation.

  6. Bonjour,
    la formation pour laquelle j’avais postulée avant le confinement vat être repoussée sans aucune certitude sur la date, et vu sa durée (6 mois), même si je suis pris, je me retrouverai surement en fin de droit avant qu’elle ne finisse. Ma situation risque d’être dramatique à terme. Par ailleurs je n’ai pas pu trouver de travail pendant deux mois et demi de confinement et pour cause! Et vu la lenteur avec laquelle l’économie risque de démarrer, sans parler du nombre de nouveaux chômeurs fraîchement débarqués qui vont me faire de la « concurrence », je suis à peu près persuadé d’arriver en fin de droits avant d’avoir pu ne serais-ce que décrocher un entretien d’embauche. Certe j’ai été indemnisé pendant le confinement, mais je me retrouve avec au minimum deux mois et demi de pénalité de recherche d’emploi. C’est dramatique. Merci pour votre action.

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