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Lettre au Premier Ministre sur la situation des chômeurs et précaires

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Nous avons fait parvenir en début de semaine un courrier au Premier Ministre concernant la situation des chômeurs et précaires pendant la crise sanitaire actuelle mais également pour envisager une sortie de crise qui ne laisse personne sur le bord de la route.

Monsieur le Premier Ministre,

Le Mouvement National des Chômeurs et Précaires (MNCP), fort de ses 40 associations, de ses 34 ans d’actions et des 100 000 chômeurs et précaires qui recourent à lui chaque année, souhaite vous interpeller et vous demander l’organisation d’une rencontre. En effet, le MNCP représente et porte la voix et les propositions collectives des chômeurs et précaires.

La ministre du Travail a annoncé le report au 1er septembre des nouvelles règles de l’assurance-chômage initialement prévues pour le 1er avril. Ce sursis est naturellement bienvenu, mais reporter une mauvaise réforme ne la rend pas bonne.

En effet, le gouvernement lui-même semble admettre, comme le MNCP le dit depuis des mois, que ces nouvelles règles précarisent les chômeurs : en effet, si ces règles étaient aussi positives et souhaitables que ce que l’on nous a affirmé continûment, alors c’est justement dans un moment de crise qu’elles devraient porter tous leurs fruits et tous leurs avantages ! Avec ou sans coronavirus, ces règles pénalisent les chômeurs, et les pénaliseront donc tout autant dans 5 mois. En conséquence, le MNCP maintient donc son exigence : retrait et annulation définitive de cette réforme de l’assurance-chômage, et ouverture de discussions et de négociations pour la mise en place d’une protection sociale digne et efficace pour les chômeurs et les précaires.

Plus globalement, la période sanitaire que nous traversons va mettre encore plus en danger toutes celles et tous ceux qui le sont déjà. Il semble que l’ensemble des salariés et des chômeurs indemnisés vont voir leur revenu maintenu quelle que soit leur situation, et nous en prenons acte avec satisfaction. Mais qu’en est-il des intérimaires ? Des auto-entrepreneurs ? Des allocataires des minima sociaux ? De celles et ceux qui ne maîtrisent ou n’accèdent pas aux outils dématérialisés pour se mettre à jour ? Toutes ces catégories de personnes risquent d’être les victimes doublement ignorées de précarités qui se cumulent et se renforcent l’une l’autre : économique, sociale et sanitaire.

Sur tous ces sujets, le MNCP demande des mesures fortes pour que personne dans la population ne soit laissé sur le bord de la route dans une période inédite depuis si longtemps dans notre pays.

Par ailleurs, et alors que nous sommes au cœur de la crise, il faut déjà anticiper les conditions de la reprise d’activité aussi bien des personnes que des associations, qui sortiront toutes davantage fragilisées qu’elles ne l’étaient déjà avant d’y entrer. Ainsi, une prolongation des contrats aidés de la durée de la période de confinement serait utile ; une prolongation de la même durée des droits à allocation des personnes serait également nécessaire.

Jusqu’alors, les chômeurs et les précaires, et leurs organisations, ont été ignorées par le gouvernement dont vous êtes le chef. Toutes les politiques publiques qui les concernent ont été menées à peu près sans eux. Dans la crise que nous traversons tous, il faut que cela change. Les personnes en situation de chômage et de précarité, ainsi que les associations qui les regroupent et les accompagnent et qui sont elles aussi les oubliées de la première ligne du front sanitaire, demandent à ce que vous les receviez, à ce que vous les écoutiez et à ce que vous les associiez.

Dans l’attente de votre réponse et nous tenant à votre disposition, et vous assurant du maintien de notre engagement au service des chômeurs et des précaires, nous vous prions d’agréer, M. le Premier Ministre, de l’assurance de notre considération.

 

Pour le MNCP, le Président,
Pierre-Edouard Magnan

Une réponse

  1. Bonjour, Je viens de lire votre courrier adressé à la Ministre du Travail. Je suis âgée de 54 ans, inscrite au chômage et en fin de droit mi-juillet 2020. Malgré mes recherches d’emploi quotidiennes, en cette période de crise sanitaire, c’est le parcours du combattant. Il n’y a pas assez d’offres pour tous et toutes. Pourriez-vous m’aider à trouver des solutions dans ma situation. Je tente d’écrire à la Ministre afin de lui demander de prolonger le versement des allocations en cette période de crise sanitaire, mais c’est un peu compliqué.
    Je vous remercie de l’aide que vous voudrez bien m’apporter.
    Vivez une agréable journée.
    Cordialement

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