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Gouvernements et syndicats : leurs armes anti-chômage

Le gouvernement et les partenaires sociaux enchaînent les propositions pour venir à bout du chômage, qui touche 10,5 % des Français. Point sur les propositions du gouvernement, du patronat et des syndicats. Article de Direct Matin du 13 janvier 2014.

Le gouvernement et les partenaires sociaux enchaînent les propositions pour venir à bout du chômage, qui touche 10,5 % des Français.

 Sur le papier, la promesse est alléchante. Réuni à Lille aujourd’hui pour rencontrer les chefs d’entreprise du Nord-Pas-de-Calais, le Medef lance une vaste mobilisation en faveur de la création d’un million d’emplois dans les cinq prochaines années.

Et le patronat est loin d’être le seul à prendre le problème du chômage à bras-le-corps. Gouvernement et syndicats ont également multiplié les propositions pour en enrayer la hausse, alors que le nombre de chômeurs a augmenté de près de 4 % entre janvier et novembre 2013, mettant en péril la promesse de François Hollande d’inverser la courbe.

François Hollande : contrats aidés et pacte de responsabilité

Le chômage comme ennemi public n° 1 et l’inversion de la courbe en guise de slogan : l’exécutif a fait de l’emploi sa priorité. D’abord en mettant l’accent sur les contrats aidés. 100 000 emplois d’avenir ont été signés l’année dernière.

Du côté des contrats de génération, avec 20 000 signatures en neuf mois, le dispositif a plus de mal à convaincre. A tel point que le ministre du Travail, Michel Sapin, envisage d’en simplifier les modalités pour les moyennes entreprises.

Mais ces emplois subventionnés ne suffiront pas à faire baisser durablement le chômage, et le gouvernement s’est aussi attaché à encourager l’embauche auprès du patronat.

En septembre, il avait promis une baisse du coût du travail. Et les vœux de François Hollande, le 31 décembre, ont accéléré les choses. Sa proposition de «pacte de responsabilité», qui prévoit de baisser les charges des entreprises si celles-ci s’engagent à embaucher, a été accueillie favorablement.

Pierre Gattaz (Medef) : la baisse sensible des charges

L’organisation patronale est intraitable : pas d’embauche si le coût du travail est trop élevé. En novembre, le Medef avait proposé un «pacte de confiance», «très proche», selon son président, Pierre Gattaz, du pacte de responsabilité de François Hollande.

Le texte promet un million de recrutements contre une baisse des prélèvements de 100 milliards d’euros sur cinq ans. La moitié est à déduire des charges patronales, l’autre moitié provenant d’allègements d’impôts.

Indispensable, selon le Medef, pour «amplifier la campagne “Un million d’emplois”» lancée aujourd’hui.

Laurent Berger (CFDT) : des contreparties au patronat

Ses modalités restent floues, mais le pacte de responsabilité a déjà été fraîchement accueilli par la CFDT, qui réclame des contreparties concrètes au patronat sur la qualité du travail, les types de contrat et l’embauche des jeunes.

Pas question de signer un «chèque en blanc aux entreprises», avertit le n° 1 un du syndicat, Laurent Berger.

En outre, la confédération réclame que les bénéfices de Pôle Emploi, qui s’élevaient selon des chiffres provisoires à 77 millions d’euros en 2013, soient «affectés à un meilleur appui aux demandeurs d’emploi».

Enfin, elle a pressé le gouvernement d’utiliser la «garantie jeunes», pour l’accompagnement renforcé des moins de 26 ans .

Thierry Lepaon (CGT) : la sanction des abus des employeurs

Très critique à l’égard des propositions du patronat, la CGT blâme le coût du capital, notamment la rémunération des actionnaires, plutôt que celui du travail pour le manque de compétitivité des entreprises françaises.

Pour Thierry Lepaon, n° 1 de l’organisation syndicale, lutter contre le chômage nécessite en outre «de sanctionner financièrement les dérives des employeurs abusant des contrats courts et des temps partiels».

Il suggère également d’instaurer une taxe sur les ruptures conventionnelles des CDI afin de prévenir les dérives.

Jean-Claude Mailly (FO) : l’accompagnement des seniors

Estimant que les mauvais chiffres du chômage ne sont «pas une surprise», FO plaide pour un changement de politique économique global, notamment des mesures de relance de la consommation (augmentation des salaires et pensions, lancement de grands travaux, etc.).

Pour son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, l’accompagnement des seniors, via des mécanismes de cessation anticipée d’activité et l’instauration d’un contrat de sécurisation professionnelle pour organiser le retour à l’emploi des licenciés économiques, est une priorité.

Enfin, comme les autres syndicats, FO mise sur la réforme de la formation professionnelle pour lutter préventivement contre le chômage.