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Un revenu qui n’a pas fini de faire parler de lui !

L’idée de distribuer un revenu de base à tous les citoyens est au cœur des débats de la primaire de gauche. Le point sur cette proposition, déjà expérimentée à l’étranger.

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C’est quoi le revenu universel ?

Appelé également « revenu de base », « allocation universelle », « revenu inconditionnel » ou encore « salaire à vie », son principe est simple. Chaque citoyen recevrait tout au long de sa vie, sans aucune condition ni contrepartie, une allocation mensuelle lui permettant de satisfaire ses besoins primaires. Selon le Mouvement français pour un revenu de base (MFRB), ce revenu serait versé automatiquement quelle que soit la situation financière du foyer et serait cumulable avec tout autre revenu (salaire, allocation).

Ce concept est loin d’être nouveau. C’est le philosophe britannique Thomas More qui l’imagine le premier, au XVIe siècle, dans son ouvrage L’Utopie. Sur l’île qu’il décrit, chacun serait assuré de sa survie sans avoir à dépendre de son travail. L’idée est reprise au XXe siècle par différents courants de pensée, des anarchistes aux altermondialistes en passant par les libéraux.

Quel est son intérêt ?

La lutte contre la pauvreté est le principal argument avancé, en permettant à tous d’avoir un revenu minimum. Certains y voient une solution face à l’évolution de l’emploi. Avec la robotisation, le développement de l’intelligence artificielle et la digitalisation de la société, il n’y aura plus suffisamment de travail pour tout le monde.

Pour les libéraux, le revenu universel peut être une manière de simplifier les aides de l’Etat, voire d’en faire disparaître certaines.

Pour d’autres, c’est un moyen d’être plus libre de choisir son mode de vie puisque l’individu ne serait plus totalement dépendant du travail. Il pourrait plus aisément prendre du temps pour se consacrer à une association ou s’occuper de sa famille. Cette vision émancipatrice est notamment défendue par le Mouvement français pour un revenu de base.

A l’inverse, ses opposants y voient un motif de déresponsabilisation des individus.

Qui le propose ?

Deux hommes encore en lice pour l’élection présidentielle défendent la création d’un revenu universel : Benoît Hamon (Parti socialiste) et Yannick Jadot (Europe Ecologie Les Verts). Le premier évoque un montant de 750 € par mois, quand le second le fixe à 535 € par mois, comme le RSA-socle.

Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Frédéric Poisson l’ont proposée également pendant les primaires de droite. La mesure ayant aussi les faveurs de Jean-Luc Bennahmias (Front démocrate), Pierre Larrouturou (ex-Nouvelle Donne) et Charlotte Marchandise, candidate élue lors de la « primaire citoyenne » organisée par LaPrimaire.org. Cette dernière établirait un revenu universel de 1 200 € par mois.

En octobre dernier, le Sénat a proposé dans un rapport d’expérimenter, dans les départements volontaires, la mise en place d’un revenu universel. Il s’agirait de verser, pendant trois ans, 500 euros à au moins « 20 000 à 30 000 personnes » âgées de 18 à 65 ans. Le Conseil départemental de la Gironde et la région Nouvelle-Aquitaine ont lancé des travaux pour pouvoir le tester.

Quel serait son coût ?

Selon un rapport de la fondation Jean Jaurès de mai 2016, un revenu de base de 500 euros mensuels coûterait à l’Etat 336 milliards d’euros, 504 milliards pour 750 euros par mois et 675 milliards pour 1 000 euros.

Comment le financer ?

Les méthodes de financement divergent selon les économistes. Parmi les méthodes recensées sur son site, le Mouvement pour le revenu de base évoque l’universalisation et la revalorisation du RSA ou encore le financement par l’impôt sur le patrimoine. Certains envisagent aussi de supprimer une grande partie des aides sociales existantes (RSA, prime pour l’activité, allocations familiales, APL, indemnités chômage, remboursement de la plupart des dépenses de santé, une part des retraites) pour financer le revenu universel.

Qui l’a testé à l’étranger ?

Depuis cette année, la Finlandeexpérimente le revenu universel. 2 000 sans-emplois ont été tirés au sort pour percevoir jusqu’à la fin de l’année 2018 la somme de 560 € par mois à la place de leur allocation chômage. La nouveauté, c’est qu’ils pourront accepter un emploi et continuer à toucher cette somme. Cette expérience doit permettre d’évaluer les conséquences de l’introduction d’un revenu de base et à terme d’envisager sa généralisation.

Depuis janvier 2016, la ville d’Utrecht aux Pays-Bas verse à 300 citoyens au chômage un revenu minimum qui se substitue aux aides sociales : 900 € par mois pour un adulte seul et 1 300 € pour un couple.

Autre exemple hors de l’Europe : l’Alaska qui a décidé, à partir de 1982, de reverser chaque année à ses résidents dès l’âge de cinq ans une part des revenus du pétrole et du gaz. Cette prestation baptisée « Alaska Permanent Fund » s’élevait en 2015 à environ 1 800 € pour l’année.

Au Canada, l’Ontario lancera au printemps un projet pilote dans trois zones de la province consistant à verser un revenu universel mensuel de 900 € à ses résidents quel que soit leur niveau de vie.

Source : dossier familial

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