Sur Dedibox XC <==

“ Ensemble, chômeurs, précaires, défendons nos droits ! ”
17 rue de Lancry - 75010 Paris
01.40.03.90.66

Actualités

Une nouvelle association MNCP à Belfort!

Asso BelfortLe Mercredi 3 Septembre, le groupe de chômeurs de Belfort s’est réuni pour la première AG constitutive de l’Association MNCP-Territoire de Belfort. Retour sur la naissance de cette association qui promet d’être dynamique!

Pour l’occasion, François Garnier, Animateur pour l’Est, Manu Soto, Président de l’Association MNCP-Territoire de Belfort, Vincent Thomas, trésorier, et Silvana, membre du CA ont été interviewés.

François Garnier, tu es coordonnateur salarié de l’association MNCP Centre-Alsace (Colmar) et de l’ADISE 68 (Thann). Tu as contribué à la création de  l’association de Belfort « MNCP-Territoire de Belfort ». Comment t’y es-tu pris, pour réunir un groupe de chômeur à Belfort ?

Et bien ça ne se fait pas tout seul, c’est suite à la concertation entre plusieurs associations d’Alsace, Mulhouse, Thann, Colmar Strasbourg. On m’a embauché dans le but de créer des groupes et gérer les associations de Colmar et Thann et développer des groupes à Belfort et St Dié. C’était aussi en concertation avec le MNCP National, et le choix de son Conseil d’Administration qui a décidé d’apporter son soutien financier au développement du réseau. La concertation a abouti a un projet (la partie financière et la partie humaine sont très importantes). Les associations de Mulhouse et Thann était chargée d’enclencher la dynamique à Belfort.

Pourquoi Belfort et comment avez-vous réussi à créer une dynamique ?

Belfort, c’est un choix géographique qui découle de notre concertation en Alsace. On était présents partout en Alsace et il fallait se développer. On avait déjà commencé un travail sur St Dié, la logique c’était d’aller dans le sud, en Franche-Comté, après Mulhouse et Thann, c’était la grande ville de Belfort.  Pour créer la dynamique, on mobilisait une équipe de bénévoles dans chaque association, au moins 2 binômes et un coordinateur. On a fait un travail de fond : d’abord, un panorama des organisations existantes sur Belfort : syndicats, partis politiques, médias, administrations, services publics, associations, avec les contacts de tout ce monde (environ 150 contacts). Après, on a recherché une salle où on pouvait organiser une première réunion. Nos 4 bénévoles ont ensuite imprimé un tract très simple avec nos coordonnées et une invitation pour une réunion du groupe : à une date fixe, le 3ème mercredi du mois par exemple. On allait tracter plusieurs fois dans la semaine de la réunion prévue, et le jour même de la réunion, devant la CAF, devant Pôle Emploi, devant la Sécu, pour se rendre visible et appeler tous les chômeurs et les précaires qui faisaient la queue à défendre leurs droits. On donne un tract, on cause, on explique quel est ce groupe qu’on est en train de créer, ses objectifs… A la première réunion, on était très peu…seul 3 nouvelles personnes étaient là. Mais il ne faut jamais se décourager. Aujourd’hui, à notre AG constitutive, nous étions plus de 20 !

Que de chemin parcouru ! Comment passe-t-on d’un groupe de chômeurs à la création d’une association ?

Les bénévoles animateurs de Thann et Mulhouse se sont déplacés sur Belfort pendant 6 à 8 mois pour tracter régulièrement avant chaque réunion mensuelle. La régularité est la clé. Le groupe s’élargit petit à petit même s’il arrive que parfois personne ne se rende à telle ou telle réunion. Ça arrive, mais il ne faut surtout pas rompre le contact et baisser les bras. Il y a aussi des méthodes d’animation à connaître : l’animateur fait passer une liste de présence et récupère les contacts, puis, on fait un tour de table où chacun est invité à s’exprimer librement. On s’intéresse plus particulièrement aux nouveaux arrivants : leurs difficultés à Pôle Emploi ou leurs « accidents de parcours », et surtout leurs projets. Le but est de faire ce que nous aimons, si possible réaliser des projets ensemble ou s’entraider, dans tous les cas, partager nos connaissances et nos compétences pour faire avancer le groupe. Quand un petit groupe est déjà bien en place, c’est-à-dire qu’il y a des réunions suivies par une dizaine de personnes, ce sont les animateurs locaux qui prennent la relève. C’est ce qui s’est passé au bout d’environ un an de travail des bénévoles des Thann et Mulhouse. Ceux-ci ont eu le temps d’apprendre et de s’approprier les méthodes d’animation, le militantisme et de se connaître. Nous invitons des membres de ce groupe à venir lors des actions revendicatives à Paris, pour commencer à s’insérer dans le mouvement national. Tout le monde n’est pas militant, il y a des chômeurs qui préfèrent s’engager dans d’autres projets concrets, comme par exemple, donner des cours de langues, de maths, d’informatiques aux autres membres du groupe, échanger des services…Une fois que les animateurs locaux gèrent le groupe de manière autonome, et que d’autres chômeurs et précaires s’investissent, se pose la question de se constituer en association.  On se constitue en association pour avoir plus de droits, pour se faire connaître, des médias, des élus locaux, de Pôle Emploi, pour avoir une autre visibilité. On pourra aussi plus facilement demander des subventions, un local pour pouvoir fonctionner…c’est une façon de se pérenniser, de s’inscrire dans l’avenir. Mais pour faire des projets d’avenir, il faut d’abord créer un groupe solide, et nous avons pris le temps de le faire. Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs !

Comment as-tu rencontré Manu, le nouveau Président du MNCP territoire de Belfort ?

C’est les bénévoles de Mulhouse que Manu a rencontré en premier, devant le Pôle Emploi Belfort-rue Thiers. Ils ont échangé quelques mots, Manu a pris notre tract et est venu à la réunion mensuelle!

Manu Soto, pourquoi as-tu eu envie de venir à cette réunion du groupe de chômeurs et décider de t’investir dans la nouvelle association ?

C’est la colère qui m’a poussé à m’investir tout d’abord. J’ai vu le tract et je suis venu par curiosité. J’ai assisté à la réunion mais je ne savais pas où ça allait me mener. On a construit des choses, de nouvelles personnes sont venues. J’ai toujours la même colère aujourd’hui, mais, en m’investissant dans l’association, je sais que je vais en faire quelque chose. Dénoncer les injustices qui sont faites aux chômeurs, les galères à Pôle Emploi…j’en suis arrivé à un point où je ne crois plus les politiques, je crois qu’ on ne peut compter que sur nous-mêmes, les chômeurs. Ça fait 30 ans qu’on nous fabrique du chômage en France, et quand hier, M. Rebsamen s’est permis, une fois de plus, de taper sur les chômeurs –en disant qu’on devait les contrôler encore plus – j’ai trouvé ça inadmissible! Et maintenant je sais que je ne suis pas seul à penser ça, à être révolté et à avoir envie de me bouger pour que ça change. J’espère pouvoir rencontrer un jour M. Rebsamen pour lui dire ce que j’en pense et que les chômeurs sont loin d’être des fainéants. Ça ne me fait pas peur ! Qu’il essaye de vivre comme je vis moi, actuellement, c’est-à-dire avec 450 euros par mois d’ASS ! Et puis, il ne précise pas que tous les chômeurs cherchent des emplois, que les employeurs ne répondent jamais aux offres d’embauches…le problème ce n’est pas de chercher mais c’est de trouver…Les membres du groupe m’ont élu président, c’est important pour moi et je prends ce rôle très à cœur. Nous ne lâcherons rien !

Sylvana, tu es animatrice et membre du conseil d’administration du MNCP Territoire de Belfort. Comment souhaites-tu contribuer à ce projet associatif ?

Ma contribution c’est de donner de l’espoir et de l’énergie aux autres. Le chômage n’est pas complètement négatif. Tu vois, j’étais assistante de vie à domicile, j’ai travaillé 10 ans comme ça. On me donnait des mi-temps, des missions à domicile sans respect des horaires, pour 750 euros par mois, et je devais assumer moi-même mes frais de déplacement. Je me suis épuisée, j’en ai eu assez et mon médecin m’a mise en arrêt maladie. J’ai été licenciée par la suite. Aujourd’hui j’ai 52 ans, je ne veux plus faire ce métier, et j’ai repris mon ancien métier qui est aussi ma passion : sommelière. Mais ils ne prennent que des apprentis dans ce domaine, car ils coûtent moins cher, et sont plus manipulables, car ils ont moins d’expérience. Mais je suis dynamique et enthousiaste et je ne considère pas que la vie s’arrête avec le travail salarié. Maintenant je fais mes recherches d’emploi sans attendre que Pôle Emploi m’en adresse –je pourrais toujours attendre! – et je vais démarcher les employeurs. Et puis je ne reste pas chez moi à pleurer sur mon sort. J’ai une autre passion, la peinture, et je suis bilingue car d’origine italienne, donc je me débrouille en donnant des cours d’art et de peinture. Ils sont bien-sûr gratuits pour les bénévoles du MNCP qui, en échange, me rendent service à leur tour ou me transmettent leurs savoirs.

Vincent Thomas, tu es trésorier de la nouvelle association. Qu’est-ce que ça t’apporte d’être adhérent et bénévole du MNCP-Territoire de Belfort ?

Je suis content d’avoir intégré un  groupe qui est motivé pour se battre et ne rien lâcher pour la défense de nos droits. Je prends à cœur de défendre tout le monde, de partager mes connaissances avec tout le monde (par exemple, l’informatique, la comptabilité, le transport, etc…). J’ai 43 ans, j’ai été licencié économique il y a 10 ans. Parce que les banques me refusent aujourd’hui encore un crédit, je ne peux pas lancer mon activité. Pourtant, j’ai travaillé dans le domaine agricole, j’ai tous les permis de transport, je cherche un CDI, mais il n’y a que de l’interim. Et les banques ne prêtent pas aux « travailleurs précaires ». Les banques dictent leur lois, il n’y a pas d’égalité. Au lieu de rester seul face à cette situation bloquée, j’ai préféré me rapprocher d’autres personnes qui vivaient les mêmes galères. Et ils ont tous des compétences à partager ! Les employeurs ne veulent pas de nous, Pôle Emploi ne s’occupe pas de nous, alors, nous prenons nous-mêmes les choses en main. Ensemble, nous sommes plus forts!

Partager cette page :Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone