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“ Ensemble, chômeurs, précaires, défendons nos droits ! ”
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Colloque précarité à Toulouse

L’association Toulousaine Partage-Farouette est à l’initiative d’un travail de réflexion sur LES PRECARITES.

Lors de l’assemblée générale de la fédération en avril 2016, un atelier ayant cette thématique s’est tenu. L’idée étant de dégager une définition complète de la précarité et de proposer des revendications et solutions. C’est pourquoi, afin de poursuivre cette étude, un séminaire a été organisé le 21 et 22 novembre 2016, regroupant des représentants des associations du MNCP pour le 1er jour, et sur des organisations ou associations extérieures  le 2ème jour. Voici le résultat de ces journées.

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SEMINAIRE SUR LES PRECARITES

21 et 22 novembre 2016

Propositions soumises à l’AG de Dives s/Mer le 22 avril 2017

 

Précaires et citoyens !

Le MNCP adopte et partage sa plateforme revendicative concernant les situations vécues par les personnes en situation de précarité !

Nos valeurs :

  • Le système économique est responsable de la précarité
  • Nous voulons faire reconnaître l’activité non-rémunérée et créatrice de richesses pour la collectivité
  • Nous voulons être reconnus comme citoyens à part entière
  • Favoriser et permettre la participation des personnes en précarité dans le collectif, à s’impliquer et à être représentés dans les lieux où se décident leur vie.
  • Développer l’éducation populaire (polémique, artistique, transmission des valeurs…)

 

Selon les sociologues, et notamment Matheis Gardenier

 

La précarité a 2 versants :
–                     Pour les personnes en emploi : un faible revenu, un travail précaire et incertain.
–                     Pour les personnes au chômage : incertitudes à cause des risques d’arrêt de l’indemnisation
Elle sert le système économique libéral en faisant baisser les salaires. Les précaires occupent les emplois les plus difficiles et sont très peu syndiqués. La précarité impacte majoritairement les femmes, les jeunes et les immigrés.
Le système rend responsables les individus de leur situation de précarité alors que les causes de la précarité sont externes.
On différencie les personnes pauvres (moins de 954 euros par mois) des personnes précaires (dont les revenus sont incertains). Mais on peut être les 2 !
Nombre de personnes concernées : travailleurs précaires (intérimaires, intermittents, à temps partiel, apprentis, en CDD, sous-traitants, chômeurs (cat A, allocataires RSA, AAH partielle), auto-entrepreneurs, agriculteurs, indépendants…
= 20 à 30% de la population active soit 5 à 8 millions de personnes
Les nouveaux prolétaires sont les salariés et les chômeurs  qui sont en situation de précarité et de pauvreté (sans réserve). Cf Les nouveaux prolétaires , Sarah ABDELNOUR.

 

Selon nos Maisons des Chômeurs et Précaires,

  • les précaires sont l’ensemble des personnes qui changent involontairement de statut au regard de l’emploi régulièrement, et qui ont des ressources insuffisantes et irrégulières à long terme. Ces personnes ne sont ni défendues, ni entendues, ni représentées.
  • La précarité est une situation d’incertitude vis-à-vis de l’emploi et/ou des revenus qui génère de la vulnérabilité fragilisant le quotidien et les perspectives des individus.
  • La précarité : Absence des conditions et des sécurités permettant à une personne d’avoir accès à ses droits fondamentaux.
  • C’est la Conséquence de l’organisation de production capitaliste.
  • Quand une personne a le pied qui a glissé sur le chemin de la vie (proverbe berbère).
  • Privation des libertés de choix (culture, loisir, éducation, santé…), spoliation de l’identité et fracture des droits de l’Homme.
  • Triple pénalisation : perte de confiance en soi, aux autres et en l’avenir.
  • Régression, archaïsme

 

Un problème après l’autre…. des solutions possibles à foison !

Les besoins primaires et secondaires face à la précarité :

 

Pour l’accès à tous ces droits répondant aux besoins primaires, prise en compte des revenus au moment (pas de N-1) !

 

Logement :

–         Favoriser la construction de logements sociaux, passifs en énergie

–         Développer l’habitat coopératif

–         Développer les actions contre le « mal-logis », pour tous (hommes, femmes, enfants, français et étrangers), dans toutes les régions.

–         Inciter les habitants locataires des HLM à participer aux élections de leurs représentants et de mener des actions.

–         Rendre accessible les logements vacants et favoriser les réquisitions

–         Développer le loca-pass pour tous (cautionnement public)

–         Favoriser une meilleure répartition des logements sociaux sur les territoires et plus de transparence dans les critères d’attribution.

–         Créer des services communs dans les logements collectifs (mutualisation des outils quotidiens : machine à laver, outils…)

–         Mettre en place un accès inconditionnel au logement, faire appliquer le DALO et faciliter les démarches administratives

–         Plafonner les loyers partout

–         Garantir l’existence de véritables lieux d’hébergement d’urgence dignes et pérennes.

 

Energie / téléphone:

–         Favoriser la nationalisation d’un service public de l’énergie et des télécommunications

–         Mettre en place un tarif social pour Internet et les téléphones portables (tous opérateurs), comme pour l’énergie

–         Interdiction des coupures d’énergie

–         Suppression des pénalités sur les dettes

–         Développement des énergies renouvelables pour le logement et des logements écologiquement neutres, sans charges supplémentaires.

–         Obtenir un classement juste et réaliste des quartiers concernant la taxe d’habitation

 

Alimentation :

–         Récupérer les invendus et les distribuer systématiquement

–         Permettre à chacun de manger à sa faim sainement, en développant les lieux d’accès à la nourriture (restaurants sociaux), toute l’année.

–         Favoriser l’éducation à la nutrition

–         Favoriser l’accès des personnes précaires aux circuits courts et aux AMAP (en particulier pour les produits bio /raisonnés), ainsi que les achats groupés

–         Obtenir la gratuité des cantines scolaires et une place pour chaque enfant quelle que soit la situation des parents

 

Vacances, loisirs :

–         Développer les vacances pour tous, les WE organisés par les associations

–         Faire connaître et développer les billets à tarifs réduits (bons congés payés, chèques vacances)

–         Faire connaître les habitats de loisir participatif (campings…)

–         Développer l’accès aux loisirs et à la culture pour tous, avec le soutien des associations

 

Monnaie /crédit :

–         Développement des monnaies locales et alternatives – favoriser les échanges non-monétisés

–         Garantir l’accès à un compte bancaire pour tous

–         Créer un service bancaire national public qui permette aux précaires d’avoir recours à un crédit à taux 0%

–         Supprimer les frais de gestion de compte et les pénalités

–         Supprimer le crédit revolving

–         Supprimer les décalages entre versement et paiement

Précarité et solidarités :

  • Recenser au niveau régional l’ensemble des associations qui travaillent avec les personnes précaires (annuaire)
  • Favoriser la convergence des luttes et le renforcement des liens entre toutes les organisations qui soutiennent la lutte contre la précarité.
  • Mettre en place des fonds directement accessibles aux précaires, pour favoriser la prise d’initiative citoyenne, animés par les associations

 

Précarité et revenu :

  • Garantir la répartition des richesses, par un impôt réellement proportionnel, la suppression des niches fiscales et la fin de l’exonération des cotisations sociales.
  • Taxer les entreprises qui robotisent leur activité
  • Supprimer la TVA sur les produits de première nécessité !
  • Mise en place d’un revenu inconditionnel pour tous, pour vivre décemment, déconnecté de la question du travail, lié à l’individu et non à la famille, qui garantisse une vraie protection sociale (en s’appuyant sur les cotisations sociales ? Sur l’impôt ?) et les solidarités collectives.
  • Lancer un débat public sur la répartition des richesses et le revenu

 

Précarité et travail rémunéré :

–         Pour une éducation populaire concernant le monde du travail et la solidarité (mouvement ouvrier, mouvement syndical, solidarités)

–         Obtenir une reconnaissance et une place réelle des syndicats des salariés précaires et des associations de chômeurs ;

–         Pour la syndicalisation (et/ou organisation collective) des salariés précaires, quel que soit le type de contrat et la branche professionnelle.

–         Travail en commun des associations et des syndicats.

–         Partager le travail (postes de production)/ le temps de travail, mais quel travail ?

–         Pour une conscience de classe des précaires (salariés, chômeurs, indépendants, retraités, immigrés…) dans un système économique culpabilisant !

 

La précarité dans la société et face à l’administration :

  • Rendre beaucoup plus visibles les associations de solidarité
  • Faire un état des lieux global de la précarité, avec l’aide des grands collectifs et de chercheurs.
  • Travailler les liens de solidarité avec des personnalités du mouvement social, syndical, des institutionnels
  • Se défendre contre la législation et les règlementations qui induisent la précarité

 

Précarité et santé :

  • Défendre un accès aux soins égalitaire et homogène sur tout le territoire !
  • Défendre du statut hospitalier public comme premier lieu d’accès à la santé pour tous, avec un personnel qui ne soit pas en situation de précarité.
  • Développer des maisons médicales et sociales, pluridisciplinaires, gratuites et publiques.
  • Meilleure communication des services publics de la santé (CPAM) sur les dispositifs existants
  • Soutenir et développer les dispositifs mobiles (soutien psychique, soins dentaires…)
  • Faire un état des lieux sur la santé des précaires et développer la prévention des maladies liées à la pauvreté/ précarité
  • Alléger les frais de soins, gratuité des soins de base, y compris pour les étrangers (en particulier pour les soins des dents, des oreilles et des yeux)

 

La précarité, moi, la famille, les autres..

  • Développer des lieux citoyens, collectifs, qui permettent l’écoute, la convivialité, l’expression personnelle ; Ils doivent être gratuits et accessibles à tous, en ville comme dans le monde rural.
  • Parce qu’il n’y a pas que l’emploi dans la vie, permettre à tous d’accéder à des activités culturelles, sociales, des actions bénévoles choisies.
  • Garantir à tous un service public de l’enfance gratuit, pour faire garder les enfants entre 0 et 10 ans (y compris en horaires décalés) et accompagner les adolescents.
  • Inciter le monde associatif à intervenir dans les enseignements dès le Collège pour donner aux jeunes une information, sur la vie quotidienne, l’accès aux droits, la citoyenneté et les aspects de la précarité… (nouvelle éducation civique !)

Précarité et mobilité :

  • Mettre en place les transports en commun gratuits pour tous, sur l’ensemble du territoire
  • Développer les auto-écoles d’insertion, l’aide financière au permis, les garages solidaires, le prêt de voitures et de scooters
  • Développer le co-voiturage, l’auto-partage

 

Mots à bannir : « Insertion », « accueil guichet », « tout numérique ».

Points de vigilance :

  • Attention aux différences entre les situations de précarité en ville et à la campagne.
  • Attention à ne pas tomber dans la marginalisation : il faut  favoriser la mixité sociale !
  • Attention à la violence institutionnelle.

 

MODES D’ACTIONS A PREVOIR

Nous devons diversifier nos modes d’actions :

  • Ouvrir le MNCP d’avantage aux salariés précaires, aux retraités qui travaillent…
  • Organiser une journée des salariés précaires des associations de chômeurs.
  • En direction de tous les services publics (CAF, CPAM, Conseil Départemental, Pôle Emploi…),
  • Aller à la rencontre de la population (idée des personnes sandwichs porteuses de paroles, aller peindre les robots en jaune !!),
  • Chercher des convergences avec tous les collectifs qui travaillent sur la précarité – Faire monter en nombre les participants à la Manifestation Nationale contre le chômage et la précarité.
  • Faire connaître le livre « Halte aux idées reçues sur le chômage et la précarité » préfacé par Ken Loach et les vidéos thématiques sur Youtube.
  • Développer le partenariat avec des médias nouveaux comme ActuChômage (Site Internet) pour faire par exemple un journal télévisé, les radios (avoir un créneau pour les précaires), utiliser la Revue Partage sur le net pour nous faire connaître…
  • Organiser une « caravane des valeurs » pour faire connaître le mouvement et inciter les personnes rencontrées à faire connaître leurs solutions.
  • Bloquer les cibles économiques pour changer de mode d’action (grandes entreprises du CAC 40) et le faire savoir (ex : L’Oréal, le Fouquet’s…). Viser les entreprises qui oppriment particulièrement leurs salariés (Mac Do’, grandes surfaces…) ou qui favorisent leurs actionnaires (CICE).
  • Action Hôpital Soins Précarité / chercher un lien avec les syndicats hospitaliers pour une gratuité d’accès aux soins réels pour tous ;
  • Faire le lien entre la casse du service public et l’augmentation de la précarité. Déconstruire la question du déficit pour éviter la casse du service public.
  • Actions de soutien à notre système de protection sociale – Sauvez les APL !!
  • Action spécifique en direction des femmes isolées avec des enfants (quel que soit leur âge) à la rue : soutenir l’action « Un toît pour apprendre » du DAL.
  • Soutenir les actions de la FCPE concernant la gratuité des cantines et des CLAE pour les enfants de familles précaires
  • Réactiver le réseau NO VOX pour unir toutes les luttes contre la précarité
  • Localement, faire des actions « y’a pas d’arrangement » (coup de poing)
  • Faire une cartographie des associations par région, avec des bons plans, pour savoir ce que chacun fait et mieux se connaître (nos actions, nos valeurs)

 

POSITIONS DES DIFFERENTS COLLECTIFS PRESENTS

Que faire de la plateforme ? :

Sud Emploi :

Il faut la partager, la populariser, l’enrichir. On peut la diffuser dans nos instances nationales, puis en faire un outil revendicatif pour obtenir point par point des avancées significatives.

ATTAC : Il faut que les associations présentes relaient la plateforme et continuent de la nourrir en fonction de l’actualité. Elle sera la base pour lancer des actions collectives.

Sud Précaires : Cette plateforme sera un bon début pour se forger des revendications  et des propositions communes au sein du syndicat.

ATD ¼ Monde : On se retrouve dans beaucoup de propositions. Il faut la populariser, échanger et continuer de l’enrichir.

Collectif des centres sociaux : Au niveau départemental, on pourra relayer cette plateforme et mettre en place une journée de réflexion sur cette thématique au sein des centres sociaux.

CIP (Collectif des Intermittents et Précaires) : C’est important de se retrouver, malgré nos différences, sur une plateforme large et assez précise. Il faut la rendre publique dans nos réseaux et avancer sur des journées d’action communes pour avancer sur les points que nous avons soulevés. Ce serait également intéressant d’organiser un temps de travail pour échanger sur le projet de nouveau modèle.

Sud Culture : Il faudrait ajouter un point sur le service public de l’emploi de qualité. Ce qu’on avait gagné devant le Conseil d’Etat, on l’a perdu lors du vote de la Loi Travail, il faut donc reprendre la lutte! Il va falloir aussi se battre en vue des futures négociations UNEDIC, comme l’on fait les intermittents avec succès sur la dernière période. Pour cela, il faut vraiment rapidement se fédérer car toutes les cartes seront rebattues avec les élections présidentielles.  Ce serait donc bien de se revoir pour continuer à travailler ensemble, réfléchir et mieux se connaître.

DAL : Il faut qu’on puisse mettre en place un droit opposable concernant la précarité, comme ça a été fait avec le logement. On préconise de faire des actions simples et largement soutenues. La plateforme ne doit pas devenir une usine à gaz, mais on n’aura jamais fini de faire valider et d’amender nos propositions.

 

CONCRETEMENT…

 

La plateforme va être diffusée :

  • Sur le site du MNCP (www.mncp.fr)
  • Sur le site de la Revue Partage (www.partage-la revue.fr)
  • Sur les sites internet des associations du MNCP
  • Dans les associations du grand sud (lors des temps conviviaux)
  • À toutes les associations du MNCP, pour envisager un essaimage de la démarche
  • Diffuser la plateforme à toutes les organisations qui ont été invitées mais n’étaient pas présentes

On se revoit en janvier pour prioriser ce qu’on veut faire avancer, dans la perspective des élections. On peut ensuite prévoir une campagne nationale en février avec des actions communes (ex : à Pôle Emploi concernant les contrôles, à la CAF), en essayant de mobiliser au maximum les précaires et en proposant des avancées concrètes.

 

3 décembre 2016 :

Journée d’action nationale contre le chômage et la précarité. Une manif est prévue à Paris, mais aussi à Toulouse (à Toulouse : rassemblement manif’action à 14h à Jean Jaurès puis à 16h30 sur la Place Lafourcade ??).

Janvier 2017 :

Le livre « Halte aux idées reçues sur le chômage et la précarité », rédigé par 25 organisations nationales, va être diffusé dans toute la France. Il va falloir organiser localement des débats autour de la sortie le 18 janvier et le diffuser largement (à Ombres Blanches, lors de la projection de « Moi, Daniel Blake »).
On se retrouve fin janvier (le 22 ?) pour rediscuter nos priorités dans la plateforme.

Février 2017 :
On avance sur les actions en fonction de ces priorités pour le printemps.

La suite :

Une veille juridique est menée autour de la Loi Travail. Le MNCP essaie de présenter, avec le soutien des avocats du Syndicat des Avocats de France, une Question Prioritaire de Constitutionnalité sur l’article 119.

La CIP travaille à la mise en place d’une campagne pour un moratoire sur les contrôles de la recherche d’emploi.

On pourrait mettre en place une brigade volante du contrôle de l’emploi (qualité des offres).

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