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Jouer aux légos pour trouver du boulot

legos-300L’agence de Saint-Jean-de-Luz a organisé une campagne de recrutement par simulation pour le magasin Monop’, qui ouvrira dans quelques semaines rue Gambetta.

Il ne peut en rester que douze. Dans quelques semaines (en novembre probablement), la nouvelle épicerie Monop’ ouvrira ses portes rue Gambetta, en lieu et place de l’ancien cinéma Rex. Suite à la diffusion des offres d’emploi (douze postes d’employé de libre-service polyvalent pour la mise en rayon et la caisse), plus de 150 candidatures ont atterri sur le bureau de Pôle Emploi.

Car c’est bien l’agence luzienne qui gère cette campagne de recrutement, suite à un accord national passé avec le groupe Monoprix. « Depuis l’automne dernier, nous avons mené des campagnes similaires pour Poplydays (groupe Carmen), McDonald’s et Leclerc. Nous présélectionnons les meilleurs candidats possibles », explique Pascale Milleret, responsable d’équipe au Pôle Emploi de Saint-Jean-de-Luz.

« C’est un peu déroutant »

Pour ces campagnes, l’agence a dégainé sa méthode de recrutement par simulation (MRS). Utilisée pour la première fois en France dans les années 90, dans le secteur automobile, cette technique de présélection a le vent en poupe ces dernières années. « Elle permet de recruter des candidats adaptés au poste de travail sans tenir compte du niveau de diplôme, de l’expérience et du CV. » Ce filtre de recrutement est censé gommer les discriminations à l’embauche, comme l’âge ou l’origine sociale. Petit bémol : l’employeur sera le dernier à valider le recrutement lors de l’ultime entretien.

Suite à une réunion de présentation du poste, à l’issue de laquelle certains candidats ont déclaré forfait, 70 personnes ont décidé de s’inscrire aux ateliers de sélection de Pôle Emploi cette semaine, organisés dans les anciens tennis couverts pendant trois jours. Mardi matin, quinze d’entre elles ont participé aux exercices, censés évaluer leur capacité à respecter les consignes, à travailler sous tension, à maintenir leur attention et à travailler en équipe. « Ce sont les mêmes ateliers qui sont organisés dans les entreprises concernées pour étalonner les employés », décrypte Pascal Carreau, spécialisé dans cette méthode de recrutement.

Si les demandeurs d’emploi dépassent la note minimale requise à l’issue de la session, ils seront alors reçus par l’employeur pour le dernier entretien. On comprend mieux pourquoi les candidats sont un peu tendus. « C’est vrai que ce n’est pas habituel pour nous. C’est même un peu déroutant », confiera plus tard un des postulants, un quadragénaire venu d’Ascain.

Encore un vrai test à passer

Premier exercice : mettre en rayons des familles de produits en respectant certaines consignes précises. Les candidats manient Lego, Meccano et autres objets sortis tout droit d’un coffre à jouets (c’est forcément plus pratique que d’utiliser des produits périssables…) et tentent de ne pas se faire dévorer par le chronomètre. Et alors que les cases se remplissent à vitesse grand V, les examinateurs n’hésitent pas à interrompre les futurs metteurs en rayons. « Nous essayons d’évaluer leur capacité à effectuer plusieurs tâches en même temps et à accueillir poliment le client », confie le conseiller Pascal Carreau.

Voilà plus de deux heures que les candidats s’activent. Ils doivent maintenant gérer une caisse (fictive) et gérer les caprices de clients grincheux. « Ce sont des exercices très concrets où le candidat a le sentiment d’être actif dans sa recherche d’emploi. L’avantage avec cette méthode, c’est que l’employeur a la garantie de sélectionner des personnes qui sont au point techniquement. Conséquence : il y a beaucoup moins de turnover dans leur entreprise », assure la responsable d’équipe à Pôle Emploi, Pascale Milleret.

Reste maintenant aux sélectionnés de passer le dernier vrai test : l’entretien d’embauche. Les recalés recevront un appel des agents de Pôle Emploi pour décrypter les résultats et mettre le doigts sur les points à améliorer.

Le chômage est en hausse

Les chiffres de Pôle Emploi Saint-Jean-de-Luz (la zone correspond environ à celle de l’Agglo Sud Pays basque) sont meilleurs que sur l’ensemble du Pays basque et que dans le reste de l’Aquitaine. Mais le chômage augmente quand même. Fin juillet, il y avait 4 740 personnes inscrites (toutes catégories A, B, C), soit une augmentation de 4,9 % depuis l’an dernier (+5,7 % au Pays basque). Pour la catégorie A (aucune activité), l’augmentation est de 0,5 %, contre 2,4 % sur l’ensemble du Pays basque. Le taux de chômage atteint 8,8 % sur la zone luzienne (9,6 % en Aquitaine). Les chiffres sont moins mauvais sur la zone Sud Pays basque en raison d’une augmentation du nombre d’offres d’emploi (+14 % depuis janvier). « C’est le fruit d’un gros travail de terrain des agents de Pôle Emploi », encourage la directrice Martine Vedrenne. Vrai motif d’inquiétude : le chômage des seniors (+50 ans). Il a augmenté de 10,8 % en un an, contre 1,6 % pour les autres demandeurs d’emploi.

Article publié dans Sud Ouest, le 11 Septembre 2014

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