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Pôle Emploi et Crèches pour tous : un accord peu opératoire

creches_pour_tousL’article de Michel Abhervé revient sur une mesure mise en place par Pôle Emploi qui ne tient pas ses promesses…

Au début du mois de mars, Pôle emploi communiquait autour de l’accord qu’il avait signé avec une sociéte privée gestionnaire de crèches, People Baby et son réseau de crèches partenaires Crèches pour tous, pour assurer aux demandeurs d’emploi un accueil temporaire de leurs enfants afin de faciliter leurs démarches de recherche d’emploi, comme l’explique un communiqué conjoint, bien relayé par les médias.

Il s’agit d’une initiative tout à fait opportune, car l’organisation actuelle des crèches est très peu accessible à ceux qui recherchent un emploi et se trouvent en grande difficulté pour faire garder leurs jeunes enfants durant leur période de recherche

Mais, six mois après son lancement, fortement promu, la réalité de la mise en œuvre s’avère très en-deça des objectifs affichés, et nombre de conseillers Pôle emploi ont fait remonter les difficultés d’application : en effet le nombre de crèches participant à l’opération en ayant rejoint le dispositif « Crèche Solidarité Emploi » et offrant des opportunités s’avère très limité

Dans les Pays de la Loire il semble concerner en tout pour tout trois crèches, deux à Nantes, une à Pruillé-le-Chétif dans la Sarthe, selon les représentants du personnel. Lorsque, sur le site de l’opération,  on consulte une carte, on ne trouve deux crèches avec places disponibles dans l’Essonne, une à Lisses, l’autre à Saint Aubin, et quatre crèches seulement sur tout Paris.

On peut s’interroger sur la portée réelle de cette initiative, qui semble très loin d’assurer un service au niveau du besoin, et se demander s’il était légitime pour une institution publique comme Pôle emploi, de médiatiser un accord avec un partenaire privé dont l’implantation est très loin de couvrir l’ensemble du territoire, et qui de surcroit n’implique dans cette opération qu’une faible part des crèches de son réseau.

On aurait préféré une démarche décentralisée des agences Pôle emploi auprès des crèches de leur territoire et de leurs gestionnaires, publics et associatifs. C’est certes plus complexe, mais cela présente l’avantage de sensibiliser des gestionnaires d’établissements de la petite enfance,  pour qui cette pratique d’accueil temporaire n’est pas dans leur logique de fonctionnement dominante et de mobiliser également des haltes garderies, mieux adaptées à cet accueil occasionnel, afin de construire des partenariats inscrits dans la durée au service  des demandeurs d’emploi du territoire

Mais comme cela ne permet pas de communiquer nationalement, contrairement à un accord national dont il importe peu qu’il ne soit que très imparfaitement opératoire, on ne va aller dans cette voie de responsabilisation des agences et des agents et continuer dans cette démarche centralisée où les conseillers dans les agences sont priées de mettre en œuvre un accord national, et en conséquence réduits dans  la majorité des cas à constater que pour eux, il n’offre aucune opportunité. Et lorsque les demandeurs d’emploi ont entendu parler par la radio, les journaux … de cette opportunité, très largement relayée, ils ne peuvent que déplorer que Pôle emploi ne tienne pas ses promesses

Communication, quand tu nous tiens !