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Allons-nous longtemps continuer à tromper les Chômeurs et Précaires ?

lundi 8 février 2010

Quand il y a près de 4 millions de chômeurs, et 1 million annoncés de fin de droits, le premier principe à reconnaitre, c’est que notre société est incapable de fournir du travail à chacun et ne fait pas les efforts nécessaires pour qu’il y ait des emplois pour tous.

Si l’on reconnaît cela, on renverse complètement toutes les fausses logiques et sophismes actuels qui consistent à dire que, si les chômeurs et précaires ne trouvent pas de travail, c’est qu’ils ne sont pas adaptés (ne cherchent pas d’emploi, sont fainéants, ne sont pas formés, …) et qu’il faut les mettre sous contrôle (pas de droits sans devoirs, …)

Dans la logique de la DUDH (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme), nous disons, au MNCP, que notre société se doit de faire un retour vers les Droits Fondamentaux, complètement oubliés, et en particulier :

  • Le Droit au travail et au libre choix de son travail,
  • Le Droit à un revenu décent (avec ou sans travail),
  • Le Droit à avoir une vie collective et citoyenne, à participer à la société, même quand on est sans emploi.

Qu’on arrête de dire que si les chômeurs n’ont pas d’emploi, c’est un problème de formation. Il y a trop de gens formés qui ne trouvent pas d’emploi. Et s’il y a les emplois, les problèmes de formation pourront toujours être réglés. Mais il n’y a pas d’emplois …

Les décideurs et responsables de notre pays (et pour l’immédiat les partenaires sociaux et le gouvernement lors des rencontres des 15 février et 26 février) doivent donc prendre 4 types de mesures :

1) Assurer un Revenu décent pour chacun :

Et don, en priorité, élargir l’accès à l’ASS, et également au RSA pour les jeunes ; relever significativement le montant de ces minima sociaux (personne ne peut vivre avec 460€ par mois qui est un maximum, actuellement, pour un célibataire) ; plus toutes les autres mesures indispensables comme le rétablissement de l’AER (Allocation Equivalent Retraite), rallonger les périodes d’indemnisation, …

2) Mener effectivement une politique d’emplois pour tous :

Et pour cela prioritairement :

  • Annuler la loi scandaleuse d’exonération de charges sur les heures supplémentaires
  • Mener une politique de création d’emplois décents, correctement rémunérés, en particulier par la mise en place de nouveaux services, dans les secteurs environnemental, social, de la santé, de l’éducation, de la fonction publique, de l’économie sociale et solidaire, …
  • Répartir autrement le travail existant afin que toutes et tous puissent accéder au travail. 3) Mener une politique d’accompagnement, de formation et d’aide au retour à l’emploi :

Cela demande des moyens supplémentaires et une réforme profonde de Pôle Emploi, l’abandon de la logique des Droits et Devoirs, afin que les Conseillers perdent cette fonction de contrôle et pistage des Demandeurs d’Emploi, mais puissent vraiment agir dans le sens de l’écoute, du conseil et de l’accompagnement.

4)Enfin et surtout, mener une politique pour les sans-emploi :

Notre société est incapable de proposer du travail pour tous ? Osons affirmer qu’il n’y a pas que le boulot dans la vie et que les sans-emploi ont des droits : le droit de vivre et de participer comme les autres à la société même s’ils n’ont pas de boulot : c’est une toute autre conception de la place de l’homme dans la société qu’il faut inventer et modifier toutes les politiques actuelles uniquement orientées sur la recherche d’emplois qui n’existent pas.

Précisons : C’est par sa relation aux autres que l’être humain existe ; par nos relations (d’amour ou de haine, de coopération et de solidarité) ; sans relations à autrui, on n’est rien ; lutter contre l’isolement, avoir une vie sociale et collective est essentiel ; comme les retraités, les chômeurs doivent avoir un minimum suffisant pour vivre, que la société doit leur donner quand elle est incapable de leur donner de travail ; arrêter donc de stigmatiser ceux qui n’ont pas de travail et touchent une allocation ; accroître les possibilités d’accès à la vie citoyenne et collective pour tous les sans-travail (chômeurs, retraités, et autres catégories)

Voilà les 4 axes que le MNCP (Mouvement National de Chômeurs et Précaires), fort de ses 40 associations de chômeurs et précaires, attend du gouvernement et des partenaires sociaux, les 15 et 26 février 2010.

Le 8 février 2010, Marc DESPLATS, Président du MNCP

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